Les deux villes se disputent les voyageurs français depuis dix ans, et la question revient à chaque projet de voyage. La réponse dépend moins de la qualité de chaque destination que de ce que vous attendez d’un séjour de trois ou quatre jours. Voici de quoi trancher.
La taille, premier critère
Lisbonne est une capitale, avec ce que cela suppose de monuments, de musées et de quartiers à explorer. Comptez quatre journées pour en faire le tour sans courir, une semaine pour y ajouter Sintra et la côte.
Porto se visite en deux ou trois journées. Le centre historique tient dans un mouchoir de poche, tout se fait à pied, et l’on repart avec le sentiment d’avoir vu la ville plutôt que de l’avoir survolée. Pour un week-end prolongé, c’est un argument décisif.
L’ambiance : grande ville animée contre ville à taille humaine
Lisbonne vibre. Les terrasses du Bairro Alto, les concerts, la vie nocturne, la densité de restaurants et de bars en font une ville qui ne s’arrête jamais. Le revers existe : l’affluence y est réelle, et certains quartiers historiques comme l’Alfama se traversent parfois au coude à coude.
Porto joue une autre partition. Plus resserrée, plus populaire par endroits, elle garde des ruelles où l’on croise encore du linge aux fenêtres et des épiceries de quartier. L’ambiance y est plus calme le soir, plus authentique diront certains, plus limitée diront les autres.
Ce que l’on visite dans chacune
À Lisbonne, la Tour de Belém et le monastère des Hiéronymites, le tram 28 qui grimpe vers le château, les azulejos de l’Alfama, les points de vue depuis les miradouros, la fondation Gulbenkian et le MAAT pour l’art contemporain. La ville offre aussi le plus grand choix de musées du pays.
À Porto, la Ribeira classée au patrimoine mondial, le pont Dom-Luís et sa vue sur le Douro, la librairie Lello, la gare São Bento et ses panneaux d’azulejos, la fondation Serralves. Et surtout les caves de Vila Nova de Gaia, sur l’autre rive, où se visitent et se dégustent les maisons de vin de Porto.
Le vin et la gastronomie
C’est le point fort de Porto. Le porto se déguste sur place dans les caves historiques, et la vallée du Douro, à une heure et demie de route, compte parmi les plus beaux vignobles d’Europe. Une excursion d’une journée dans la vallée suffit à justifier le voyage.
Côté assiette, Porto revendique la francesinha, sandwich riche et copieux. Lisbonne répond avec les pastéis de nata de Belém, le bacalhau décliné à l’infini et une scène gastronomique portugaise plus créative, avec plusieurs tables étoilées.
Les plages
Match plus serré qu’on ne croit.
Depuis Lisbonne, la ligne de train vers Cascais dessert une série de plages en trente minutes, et la Costa da Caparica offre de longues étendues de sable accessibles en bus.
Depuis Porto, le métro mène à Matosinhos et au quartier de Foz en vingt minutes. L’eau est plus fraîche, l’Atlantique plus rude, mais les spots de surf y sont excellents.
Si les plages sont votre priorité, aucune des deux ne rivalise avec l’Algarve.
Les transports et l’accès
Les deux aéroports sont bien desservis depuis la France, souvent à prix comparable. Celui de Lisbonne est plus proche du centre, à vingt minutes de métro. Celui de Porto demande une demi-heure, également en métro.
Sur place, Lisbonne dispose d’un réseau plus complet mais sa topographie fatigue : les montées sont raides et les funiculaires vite saturés. Porto est également vallonnée, en plus compact.
Entre elles, comptez trois heures de train, ce qui rend le combiné parfaitement réalisable sur une semaine.
Le budget
Porto reste sensiblement moins chère, sur l’hébergement comme sur la restauration, même si l’écart se réduit d’année en année. Sur un séjour de trois nuits, la différence dépasse souvent cent euros par personne.
La météo
Lisbonne bénéficie d’un climat plus doux et plus sec, avec des étés chauds et un hiver clément. Porto, plus au nord et plus exposée à l’Atlantique, reçoit davantage de pluie, notamment de novembre à mars. En été, Porto est plus respirable quand Lisbonne dépasse les 35 degrés.
Où poser ses valises
Dans la capitale, le Chiado et le Príncipe Real offrent le meilleur compromis entre calme et proximité. Baixa concentre l’offre hôtelière mais reste bruyante, et les hébergements perchés imposent des montées quotidiennes que l’on sous-estime toujours.
Près de la Ribeira, l’emplacement est superbe mais les nuits peuvent être animées. Les rues qui grimpent vers Clérigos offrent une solution plus reposante et des tarifs plus doux, à cinq minutes à pied de tout.
Quand partir
La haute saison court de juin à septembre, avec des prix d’hébergement au plus haut en juillet et en août. Le printemps, d’avril à juin, reste la meilleure fenêtre : lumière douce, températures agréables, fréquentation raisonnable. L’automne fonctionne aussi très bien jusqu’à la mi-octobre, avec l’avantage des vendanges dans les vignobles si le vin vous intéresse.
L’hiver se défend pour qui accepte la pluie. Les tarifs chutent, les files d’attente disparaissent, et les cafés historiques prennent tout leur sens un après-midi humide. Évitez simplement les jours fériés portugais et la semaine de la Saint-Jean, fin juin, où les hébergements se réservent des mois à l’avance et les prix doublent sans prévenir.
Alors, laquelle choisir
Choisissez Lisbonne pour un premier voyage au Portugal, pour la richesse des visites, la vie nocturne, les excursions vers Sintra et Cascais, et si vous disposez de quatre jours ou plus.
Choisissez Porto pour un week-end de trois nuits, pour le vin et le Douro, pour une expérience plus intime et un budget contenu, et si l’affluence des grandes capitales vous rebute.
Et si vous hésitez encore, prenez les deux. Le train les relie en trois heures, et une semaine partagée entre la capitale, Porto et une journée dans les vignobles reste probablement le meilleur itinéraire pour découvrir le pays sans se presser.
